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La spasticité survient lorsque certaines zones contrôlant la motricité sont affectées par des saignements ou un manque d’oxygène durant l’AVC. Normalement, plusieurs zones cérébrales travaillent de concert pour émettre le signal moteur et ajuster son intensité pour créer des mouvements fluides et précis. Quand l’AVC touche une zone inhibitrice (calmante), des zones excitatrices du système nerveux deviennent surexcitées et les muscles reçoivent trop de signaux de contraction.
La raideur dans les membres est la principale manifestation de la spasticité. Elle peut varier grandement en intensité, allant d’un simple inconfort à une incapacité à bouger un bras ou une jambe. Souvent, cette raideur apparaît ou augmente au mouvement ou à l’étirement.
La spasticité peut aussi s’exprimer par des tremblements ou des spasmes musculaires, c’est-à-dire des mouvements involontaires brusques, au repos ou déclenchés par des contacts anodins. Il est aussi possible de ressentir de la douleur lors de mouvements passifs (par exemple, lorsque le membre touché est manipulé par une autre personne).
Fait important, la spasticité touche environ 40 % des gens qui subissent un AVC. Elle peut apparaître dans les premiers jours ou les premières semaines après l’AVC. Elle peut aussi se développer au fil des mois, souvent dans la première année suivant l’AVC. Dans près de la moitié des cas, elle se déclarera dans les trois premiers mois. Généralement, ses manifestations sont plus graves lorsqu’elle survient tôt. Qui plus est, elles risquent de ne pas se résorber spontanément et nécessiteront des traitements.
Il est encore difficile de prévoir si un patient sera atteint de spasticité après un AVC. Plusieurs études ont révélé une forte corrélation entre la gravité de la faiblesse musculaire et le développement de la spasticité. Certains types de lésions cérébrales (hémorragie) seraient plus susceptibles d’engendrer de la spasticité.
Quelques facteurs, comme la diminution de la sensation au toucher, le tabagisme ou les antécédents d’AVC, augmentent aussi le risque de spasticité post-AVC. À l’opposé, les personnes qui menaient déjà un mode de vie actif avant leur AVC sont moins à risque de présenter de la spasticité.
Après un AVC, tous les groupes d’âge peuvent souffrir de spasticité. Certaines études suggèrent même que les patients plus jeunes seraient davantage à risque de développer de la spasticité post-AVC.
Il faut d’abord gérer les facteurs aggravants afin de bien cerner les manifestations de la spasticité. Il peut s’agir de douleurs, d’infections et d’autres agressions qui peuvent influer sur le corps et toute forme de spasticité dans le membre affecté.
Le patient rencontrera rapidement des spécialistes de la réadaptation (physiothérapeutes et ergothérapeutes) qui évalueront les manifestations précoces de spasticité et élaboreront un programme d’exercices adaptés. Les exercices d’étirement sont particulièrement importants. À cela peuvent s’ajouter des traitements par massage, des traitements par électrostimulation, des orthèses ou des bandages. Il arrive que le patient doive prendre des médicaments.
Malheureusement, il arrive souvent que les manifestations de la spasticité post-AVC s’intensifient quand elles ne sont pas traitées rapidement. Elles peuvent finir par nuire grandement à la qualité de vie et entraîner des difficultés lors de mouvements anodins, des troubles de la marche et même des chutes.
Les personnes qui subissent un AVC ne sont pas systématiquement dirigées en réadaptation. Si c’est votre cas, il peut être judicieux de rencontrer un spécialiste de la réadaptation pour subir un examen moteur général. Si vous avez des inquiétudes à ce sujet, faites-en part à votre neurologue de suivi ou à votre médecin de famille.
Dans tous les cas, il est recommandé de maintenir un mode de vie actif et de surveiller l’apparition d’une raideur musculaire avec une perte de l’amplitude, de la finesse ou de la rapidité des mouvements de tous les jours. Des difficultés à la marche, des douleurs musculaires, des spasmes ou des tremblements peuvent aussi être des manifestations de spasticité.
Encouragez les patients à respecter leur plan de traitement, par exemple en conservant un mode de vie actif et en suivant un programme d’exercices de réadaptation. Vous pouvez aussi aider votre proche à accomplir les exercices difficiles ou faire des activités physiques avec lui.
Étant donné que la spasticité peut engendrer de la douleur lors de la manipulation d’un membre touché, vous devez également faire attention si vous aidez aux mouvements quotidiens comme l’habillement et l’hygiène. Il peut être pertinent de demander conseil au personnel de réadaptation.
Si vous avez des questions précises, les spécialistes en réadaptation sont les personnes les mieux placées pour y répondre. Vous trouverez aussi du soutien et une foule de renseignements utiles sur le site de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC et le site Après un AVC.
